Ils collent à la peau, s’infiltrent dans les chaussettes et les chaussures de sport, provoquent des démangeaisons et, pour couronner le tout, seraient à l’origine de cancers… Ils, ce sont des granulats de caoutchouc issus de vieux pneus recyclés qui, disséminés entre les fibres synthétiques des terrains de sport (football, rugby, tennis…), permettent d’amortir les chocs et les chutes. Mais selon le reportage Gazon suspect diffusé jeudi soir sur France 2 par Envoyé spécial , ces billes noires contiendraient des substances toxiques.

Depuis le début des années 2000, les pelouses artificielles ont remplacé progressivement les terrains herbeux pas toujours praticables. Ces gazons du XXIe  siècle peuvent être foulés par tous les temps et toutes les saisons sans être abîmés. Ils coûtent aussi moins chers à l’entretien. Fini les tontes, les produits phytosanitaires, les arrosages…

Des opposants aux terrains synthétiques ont dénoncé les brûlures lors des chutes et glissades des joueurs ou encore des problèmes articulaires. « Pour ma part, ce que j’ai pu remarquer lorsque je fréquente d’autres stades, c’est cette odeur de caoutchouc brûlé quand le soleil brille et qu’il fait très chaud », admet Denis Schmitt, président du FC Longeville. Mais, concernant les répercussions des granulats de caoutchouc sur la santé, le Longevillois reste prudent. Les produits chimiques, il les connaît bien pour avoir travaillé pendant dix ans  à la sécurité des salariés de l’usine Total de Carling. « J’ai toujours fait mienne cette devise : la santé n’a pas de prix ! ».

Aussi, quand il a été question de rénover le terrain de football de Longeville-lès-Saint-Avold, le président-adjoint au maire a défendu bec et ongles son dossier pour inciter les financeurs à opter pour un gazon dernier cri avec non pas des granulats de pneus recyclés mais « des billes de polyuréthane, semblables à ce qui est utilisé pour isoler les maisons et elles n’ont aucune incidence sur la santé », assure Denis Schmitt.

Évidemment, le coût n’est pas le même. « La tonne de polyuréthane coûte 1 500 €, celle de granulats de pneus recyclés, 180 €. Et sachant que notre terrain a nécessité 48 tonnes de billes, faites le compte ! ». Nous l’avons fait. 63 360 € de surcoût pour un terrain principal estimé à 500 000 € et inauguré en septembre dernier.

Le complexe sportif de Longeville-lès-Saint-Avold dispose de deux autres surfaces synthétiques réservées aux entraînements. En grattant la surface, on y trouve ces fameux granulats de caoutchouc noirs qui font l’objet d’une polémique, surtout aux États-Unis. À Washington notamment où une coach sportif a dressé une liste de plus de 200 noms de footballeurs et footballeuses – en majorité des gardiens de but plus exposés- atteints de lymphomes et autres maladies cancéreuses. Pour sa part, le Gouvernement français a chargé l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) d’évaluer les risques potentiels de ces gazons synthétiques. Le rapport devrait être rendu fin juin.  Denis Schmitt est serein.

Commentaires de  l’A.L.M.E.C :