La diffusion du reportage d’ Envoyé spécial sur la potentielle nocivité des granulats de pneus recyclés couvrant certains terrains de football synthétiques et notre article du 25 février dernier a encouragé Christian Matejicek, président de l’A.L.M.E.C , association Longeville moderne et communicante, à adresser un courrier à Suzanne Thielen Kalis, maire de Longeville-lès-Saint-Avold.

Le responsable, par ailleurs conseiller municipal d’opposition dans la même ville, demande à l’élue de prendre « un arrêté et un moratoire interdisant, jusqu’à nouvel ordre, l’accès physique aux deux terrains de football d’entraînement » de Longeville enrobés de granulats de caoutchouc recyclé (contrairement au terrain d’honneur).

Comptez-vous envoyer le même courrier aux maires de Saint-Avold, Creutzwald ou encore L’Hôpital possédant, eux aussi, ce même type de pelouse synthétique ?

Christian MATEJICEK  : « Non, mais il convient aux élus de prendre conscience que tant que l’on ne sait pas, on prend des dispositions. Il incombe au maire de Longeville, notamment, de prendre toutes les décisions qui s’imposent en vue de protéger les populations et d’appliquer le principe de précaution défini par le Code général des collectivités territoriales.

Si Mme Thielen Kalis va dans ce sens, elle n’en sortira que grandie et prouvera qu’elle prend le problème à cœur en attendant le rapport de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, NDLR) annoncé pour juin. »

Si un arrêté est pris, ce sont des centaines de gamins qui seront privés de leur sport favori, alors qu’aujourd’hui aucune étude scientifique ne prouve la dangerosité du produit…

« Je ne veux pas arrêter les matchs, ni bloquer les terrains de foot de France et de Navarre… Ce qui me préoccupe surtout c’est la santé des enfants, plus exposés que les adultes. Il existe sans doute des plans B, des terrains en schiste où ils pourront s’entraîner et jouer. À Longeville, ils peuvent fouler le terrain principal… »

Si vous recevez une fin de non-recevoir de la municipalité, comptez-vous aller plus loin ?

« Le rôle de l’A.L.M.EC  est de prévenir les gens. Si Madame le Maire ne fait rien, je laisserai planer le doute sur la nocivité jusqu’à la publication de l’enquête gouvernementale. Et si un gamin tombe malade et qu’il fait partie du FC Longeville, alors sa responsabilité sera engagée. Il n’y a pas que les États-Unis qui sont concernés par ce problème de terrains synthétiques constitués de granulats de pneus recyclés. Cela peut arriver chez nous. Je ne suis pas en train de dire aux parents : si vous envoyez vos enfants au foot, ils vont tomber malades. Non ! Je veux juste que l’on applique le principe de précaution. »

Parents rassurés

« Les parents qui ont pris connaissance de votre article paru dimanche dernier ont été rassurés plutôt qu’inquiets, rapporte Denis Schmitt, président du FC Longeville-lès-Saint-Avold. Même d’autres clubs de football nous ont félicités d’avoir fait le bon choix. » Celui d’avoir opté pour une pelouse garnie non pas de granulats de caoutchouc recyclé mais de billes de polyuréthane, « sans incidences sur la santé ». L’adjoint aux sports fait également savoir que les jeunes footballeurs « s’entraînent et jouent déjà sur le terrain principal, une pelouse synthétique dernier cri occupée 40 heures par semaine alors qu’avec le précédent terrain en herbe, on ne pouvait y jouer que 10 heures par semaine. »

Malgré plusieurs tentatives téléphoniques, nous n’avons pas réussi à joindre la maire de Longeville.

Propos recueillis par Odile Boutserin.